La loi de finances pour 2026, promulguée en février dernier, a rassuré des milliers d'investisseurs. Le régime réel, l'amortissement et le micro-BIC classique ne sont pas supprimés. L'amendement qui visait à plafonner l'amortissement à 2 % par an a été abandonné, laissant intact le mécanisme central du LMNP au régime réel. En revanche, les prélèvements sociaux sur les loyers meublés passent de 17,2 % à 18,6 %. Cette hausse rend encore plus stratégique la déduction rigoureuse de l'ensemble des charges réelles. Car si la combinaison des charges déductibles et des amortissements peut conduire à une imposition nulle ou très faible sur les loyers, parfois pendant de nombreuses années, encore faut-il savoir exactement ce que l'on peut imputer sur ses recettes.

LMNP au régime réel : comment déduire jusqu'à 15 000 euros de charges par an

Micro-BIC ou régime réel : le choix qui fait basculer votre fiscalité

En 2026, deux régimes coexistent pour les loueurs meublés non professionnels. Le micro-BIC offre un plafond de 83 600 euros de recettes et un abattement de 50 % au titre des charges, sans justificatif à produire. Simple, mais souvent insuffisant pour les investisseurs ayant emprunté. Le régime réel devient rapidement plus intéressant dès lors que charges, travaux et amortissements sont conséquents. Concrètement, le régime réel devient plus avantageux dès que vos charges réelles dépassent la moitié de vos loyers, ce qui arrive vite avec un crédit en cours. Un investisseur percevant 12 000 euros de loyers annuels mais supportant 8 000 euros de charges réelles et 4 000 euros d'amortissement affichera un bénéfice imposable nul au régime réel, contre 6 000 euros imposables au micro-BIC.

« Beaucoup de mes clients passent au régime réel sans mesurer l'ampleur de l'optimisation possible », témoigne un expert-comptable lyonnais spécialisé en LMNP que nous avons interrogé. « Ils découvrent souvent en cours d'année qu'ils ont oublié de déduire des centaines d'euros de charges parfaitement légales. » Pour une vue d'ensemble des conditions d'éligibilité et des avantages fiscaux du Dispositif LMNP, iSelection propose une page dédiée détaillant l'ensemble du mécanisme.

Les cinq familles de charges déductibles que tout propriétaire doit connaître

Au régime réel LMNP, une charge est déductible si elle remplit trois conditions cumulatives issues de l'article 39 du Code général des impôts : elle doit être engagée dans l'intérêt de l'exploitation locative, justifiée par une pièce comptable probante (facture, ticket, relevé) et comptabilisée dans le bon exercice fiscal. À partir de là, cinq grandes catégories s'ouvrent.

D'abord, les intérêts d'emprunt. Sur un prêt immobilier classique, seuls les intérêts se déduisent, pas le capital remboursé. Sur un prêt de 200 000 euros à 3,5 % sur 20 ans, les intérêts représentent environ 5 000 euros par an les premières années. Cette charge seule absorbe déjà une part substantielle des loyers encaissés.

Ensuite, la fiscalité locale : taxe foncière (déductible intégralement), CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). Le montant de la CFE est fixé par la commune, souvent entre 200 et 700 euros pour un studio, avec une exonération la première année d'activité, et ensuite si les recettes locatives annuelles ne dépassent pas 5 000 euros. La TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) reste récupérable auprès du locataire mais peut être déduite si vous ne la récupérez pas.

Troisième poste : les assurances. L'assurance propriétaire non occupant (PNO), l'assurance loyers impayés, la garantie des risques locatifs (GRL) entrent toutes dans les charges déductibles, pour quelques centaines d'euros annuels selon les contrats.

Quatrième catégorie : les frais de gestion et d'administration. Honoraires de l'agence immobilière si vous confiez la gestion locative à un tiers, frais de rédaction du bail, frais bancaires liés au compte dédié à l'activité locative, abonnements logiciels de comptabilité. Et surtout, avec les services d'un professionnel spécialisé en LMNP, le coût annuel (600 à 1 200 euros HT) est intégralement déductible. Un poste souvent négligé par les investisseurs qui gèrent seuls leur déclaration, au risque de commettre des erreurs coûteuses.

Enfin, les travaux et charges de copropriété. Les travaux d'entretien et de réparation sont déductibles immédiatement, qu'il s'agisse d'une fuite à réparer, d'une chaudière à remplacer ou d'un rafraîchissement de peinture. Les travaux d'amélioration ou d'agrandissement doivent être amortis sur 10-15 ans. Quant aux charges de copropriété non récupérables auprès du locataire (gros travaux de ravalement, ascenseur, toiture), elles se déduisent intégralement.

L'amortissement du bien et du mobilier, le levier qui efface des années d'impôt

Si les charges déductibles permettent de réduire le résultat imposable, l'amortissement va encore plus loin. L'amortissement en LMNP est un mécanisme comptable qui permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bien immobilier, du mobilier et des travaux de vos revenus locatifs imposables, réduisant ainsi votre impôt, voire l'annulant complètement. Vous ne sortez pas un centime de votre poche. Il s'agit d'une charge non décaissée. Pourtant, elle réduit le résultat fiscal aussi efficacement qu'une dépense réelle.

Concrètement, sur un bien de 250 000 euros frais inclus, l'amortissement annuel oscille typiquement entre 5 500 et 7 500 euros. Le bien est décomposé en composants (gros œuvre, façade, toiture, installations techniques, agencements), chacun amorti sur sa durée d'usage, de 15 à 80 ans. Le terrain, lui, n'est pas amortissable et représente généralement 10 à 20 % du prix d'acquisition. Le mobilier s'amortit quant à lui sur 5 à 10 ans.

« J'ai investi dans un T2 neuf à Bordeaux via un promoteur en 2024 », raconte un cadre parisien de 42 ans que nous avons rencontré. « Avec l'amortissement de 6 800 euros par an, les intérêts d'emprunt à 4 200 euros et les autres charges à 2 500 euros, je perçois 13 500 euros de loyers mais mon résultat fiscal est nul. Pendant au moins dix ans, je ne paierai quasiment aucun impôt sur ces revenus. » C'est précisément cet effet de levier qui rend le LMNP au régime réel si attractif pour les investisseurs dans le neuf : pas de gros travaux à prévoir les premières années, des charges prévisibles, et un amortissement qui démarre immédiatement sur une base maximale.

Ce qui ne passe jamais en charge déductible : les pièges fiscaux à éviter

La frontière entre charge déductible et dépense personnelle est claire, mais certains investisseurs la franchissent par méconnaissance. Le capital d'emprunt, l'impôt personnel et les dépenses sans lien avec le bien restent toujours exclus. Les frais de notaire ne sont pas déductibles : ils sont intégrés à la valeur d'acquisition du bien et amortis sur la durée de vie des composants. Les travaux d'agrandissement (création d'une surface habitable nouvelle) ne se déduisent pas non plus immédiatement, ils s'amortissent.

Autre piège classique : les dépenses liées à l'usage personnel du bien. Si vous conservez une clé et utilisez le logement quelques semaines par an, les charges correspondant à cette période ne sont pas déductibles. De même, les amendes, pénalités fiscales et intérêts de retard ne passent jamais en charge. Enfin, les dépenses qui relèvent du locataire (petites réparations locatives, entretien courant) ne peuvent être déduites que si elles n'ont pas été récupérées.

Un cas concret : 12 800 euros de loyers, zéro euro d'impôt grâce aux charges

Prenons l'exemple d'un investisseur ayant acquis un appartement neuf de 220 000 euros (hors terrain à 30 000 euros) en LMNP, financé à 3,8 % sur 20 ans. Il perçoit 12 800 euros de loyers annuels charges comprises. Voici ses charges réelles déductibles pour l'année :

Intérêts d'emprunt : 4 900 euros. Taxe foncière : 1 100 euros. CFE : 450 euros. Assurance PNO : 280 euros. Frais de gestion locative : 640 euros (5 % des loyers). Honoraires expert-comptable : 750 euros. Charges de copropriété non récupérables : 520 euros. Total des charges déductibles : 8 640 euros.

Amortissement annuel du bien (190 000 euros amortissables) : 6 200 euros. Amortissement du mobilier (15 000 euros sur 7 ans) : 2 140 euros. Total amortissements : 8 340 euros.

Bénéfice imposable : 12 800 euros (loyers) moins 8 640 euros (charges) moins 8 340 euros (amortissements) = déficit de 4 180 euros. Ce déficit, généré par la combinaison des charges et des amortissements, se décompose : le déficit lié aux charges seules est reportable pendant 10 ans, tandis que les amortissements non utilisés se reportent sans limite de durée. Résultat : zéro impôt sur le revenu, zéro prélèvements sociaux cette année, et un stock de déficit et d'amortissements à utiliser les années suivantes.

Rigueur comptable et accompagnement, les clés de la sécurisation fiscale

La déduction des charges au régime réel implique une tenue comptable rigoureuse. Chaque facture doit être conservée, datée, et rattachée au bon exercice. Les justificatifs peuvent être demandés en cas de contrôle fiscal pendant trois ans après la déclaration. Un tableau d'amortissement précis, une ventilation claire entre charges déductibles et amortissables, une traçabilité des paiements : autant d'obligations qui justifient le recours à un expert-comptable spécialisé.

Au-delà de la sécurisation fiscale, l'acquisition d'un bien neuf via un promoteur présente un double avantage. D'une part, les garanties constructeur (garantie décennale, garantie de parfait achèvement) couvrent les gros travaux les premières années, limitant les imprévus. D'autre part, la performance énergétique des logements neufs conformes à la RE2025 assure des charges de copropriété maîtrisées et une attractivité locative durable, deux critères essentiels pour maximiser le rendement net après impôt.

Optimiser ses charges déductibles demande une vraie rigueur comptable : iSelection met à disposition des investisseurs son expertise de plus de 30 ans et l'accompagnement d'un conseiller dédié pour sécuriser cette déclaration. Car entre la théorie fiscale et la pratique, il y a souvent plusieurs milliers d'euros d'économie d'impôt qui ne demandent qu'à être saisis, à condition de maîtriser chaque levier du régime réel.